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Visite médicale du travail : obligations employeur, fréquence et organisation

Un médecin du travail examine le poignet d'une salariée lors d'une visite médicale

Article relu par le Comité éditorial Paladin × Sano (SPSTI agréé DREETS Île-de-France)

Publié le · Mis à jour le

La visite médicale du travail est obligatoire : elle doit être effectuée dans les trois mois suivant l'embauche du salarié, puis tous les cinq ans au maximum. La responsabilité de son organisation vous incombe dès l'embauche de votre premier salarié, de façon à respecter le calendrier prévu par la loi.

En cas de manquement à ces obligations, vous risquez une contravention de 5e classe. Pour éviter toute sanction, ce guide détaille vos obligations légales, les différents types de visites médicales et leurs délais à respecter.

Tous les salariés doivent obligatoirement bénéficier d'une visite d'information et de prévention (VIP) dans les trois mois suivant son embauche (art. R4624-10 du Code du travail), puis d'un suivi périodique au maximum tous les cinq ans (art. R4624-16). C'est à l'employeur d'organiser et de financer les visites via son service de prévention et de santé au travail (SPSTI).

Quels sont les différents types de visites médicales du travail ?

Les visites médicales du travail permettent de suivre le salarié de façon individuelle, conformément à ce que prévoit l'article L4624-1 du Code du travail qui le rend obligatoire.

Ces visites permettent de s'assurer de l'état de santé physique et mental du salarié, de prévenir les risques auxquels il est exposé et le cas échéant d'adapter ou d'améliorer ses conditions de travail.

Le Code du travail prévoit différents types de visites médicales, qui sont effectuées selon les situations.

Visite d'information et de prévention initiale (VIPI) et visite périodique

Anciennement appelée « visite d'embauche », la VIPI est la visite qui a lieu suite à l'embauche du salarié. Elle a changé de nom suite à la loi Travail de 2016.

La visite d'information et de prévention initiale doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste (art. R4624-10) du salarié, ou dans les 2 mois pour les apprentis. Elle doit être réalisée avant l'affectation dans le cas d'un travailleur de nuit ou d'un salarié ou apprenti mineur.

Il s'agit d'une visite obligatoire pour tous les salariés, à l'exception des salariés disposant d'un suivi individuel renforcé (SIR) qui ont un examen médical d'aptitude (EMA) avant leur affectation au poste. Cette visite d'aptitude se substitue alors à la visite d'information et de prévention initiale.

Le salarié peut néanmoins être dispensé de VIPI s'il répond à l'ensemble des conditions suivantes :

  • Il a bénéficié d'une visite dans les 5 ans précédant son embauche
  • Son emploi présente des risques d'exposition équivalents à son poste précédent
  • Le professionnel de santé est en possession de sa dernière attestation de suivi
  • Aucun avis d'inaptitude et aucune mesure individuelle d'aménagement ou d'adaptation du poste ou du temps de travail n'a été émis au cours des 5 années précédentes.

Dans le cas d'un travailleur reconnu handicapé ou invalide ou d'un travailleur de nuit, ces délais sont abaissés à 3 ans au lieu de 5 ans pour bénéficier d'une dispense de visite.

La visite d'information et de prévention est là pour faire le point sur l'état de santé du salarié, de l'informer sur les risques auxquels il peut être exposé, et de le sensibiliser sur la prévention (art. R4624-11).

À l'issue de cette visite, la médecine du travail délivre au salarié et à l'employeur une attestation de suivi. Par la suite, le salarié devra effectuer une visite périodique : c'est le renouvellement de cette visite d'information et de prévention.

La visite périodique doit avoir lieu au maximum tous les 5 ans, et tous les 3 ans pour les travailleurs de nuit ou disposant d'une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) (art. R4624-16).

Visite de mi-carrière

La visite de mi-carrière a été instituée suite à la réforme de 2021 pour renforcer la prévention au travail. Elle a lieu au cours de l'année civile du quarante-cinquième anniversaire du salarié, ou à l'échéance déterminée par accord de branche s'il y en a un.

Cette visite a notamment pour but de sensibiliser le salarié aux enjeux du vieillissement au travail et de santé publique pouvant impacter sa santé au travail, comme les risques cardio-neuro-vasculaires (art. L4624-2-2).

Visite de pré-reprise et visite de reprise

La visite de pré-reprise est une visite médicale facultative qui peut être organisée à la demande du salarié, de son médecin traitant, du médecin du travail ou du médecin conseil de la sécurité sociale dans le cas d'un arrêt de travail de plus de 30 jours (art. R4624-29).

L'objectif de cette visite est de préparer le retour du salarié à l'emploi et le cas échéant de lui proposer des aménagements individuels afin de prévenir la désinsertion professionnelle. Elle permet d'anticiper la reprise avant la fin de l'arrêt de travail pour permettre le retour au travail dans de bonnes conditions.

La visite de reprise est en revanche une visite obligatoire (art. R4624-31). Elle a lieu dans les cas suivants :

  • Après un congé maternité
  • Après une maladie professionnelle
  • Après un arrêt de travail de plus de 30 jours dû à un accident du travail
  • Après un arrêt de travail de plus de 60 jours dû à une maladie ou à un accident non professionnel.

La visite de reprise doit avoir lieu le jour de la reprise du travail ou dans un délai de huit jours suivant le retour au poste.

Les visites de pré-reprise et de reprise ont été modifiées par le décret n°2026-503 du 12 juin 2026 afin d'alléger la charge administrative de l'employeur. Ce décret permet notamment une dispense de la visite de reprise si ces conditions sont toutes respectées :

  • La visite de pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédant la reprise du travail
  • Le médecin du travail n'a émis aucun aménagement de poste ou de temps de travail
  • Ni le salarié, ni le médecin, ni l'employeur n'ont demandé le maintien d'une visite de reprise.

Elle reste obligatoire dans les autres cas et si le médecin, l'employeur ou le travailleur en font la demande.

Visite à la demande

L'employeur, le salarié et le médecin du travail peuvent librement demander à ce qu'une visite médicale ait lieu. Si cette demande se fait à l'initiative du salarié, l'employeur ne peut pas s'y opposer et cette demande ne peut faire l'objet d'aucune sanction (art. R4624-34).

De son côté, pour organiser cette visite médicale à la demande, l'employeur doit contacter son service de santé et de prévention au travail (SPSTI) puis prévenir le salarié et lui en expliquer la raison. Vous pouvez demander une visite pour l'un de vos salariés si :

  • Vous êtes inquiet vis-à-vis de l'état de santé physique ou mental d'un salarié (fatigue, difficultés à accomplir certaines tâches, etc.)
  • Vous anticipez un risque d'inaptitude et souhaitez donc engager une démarche de maintien en emploi.

Visite d'aptitude et suivi individuel renforcé (SIR)

On parle de suivi individuel renforcé (SIR) dans le cas des postes à risques. Ce sont les travailleurs exposés à des risques particuliers listés dans l'article R4624-23 du Code du travail. Pour ces salariés, un examen médical d'aptitude (EMA) doit être effectué avant l'affectation au poste.

Cette visite d'aptitude se substitue à la visite d'information et de prévention initiale. L'examen médical d'aptitude est renouvelé au moins tous les quatre ans (art. R4624-48). Une visite intermédiaire doit aussi être effectuée tous les 2 ans (art. R4624-48).

Le salarié peut être dispensé de la visite médicale d'aptitude s'il remplit l'ensemble des conditions suivantes (art. R4624-27) :

  • Sa dernière visite médicale d'aptitude a eu lieu au cours des deux années précédentes
  • Il occupait un poste identique avec des risques d'exposition équivalents
  • Le médecin du travail est en possession de son dernier avis d'aptitude
  • Aucune mesure d'aménagement et aucun avis d'inaptitude n'ont été émis au cours des deux années précédentes.

Les principales visites médicales du travail sont la visite d'information et de prévention initiale (VIPI) qui a lieu à l'embauche, la visite de pré-reprise et de reprise qui ont lieu dans le cas d'un arrêt long, la visite de mi-carrière à 45 ans et l'examen médical d'aptitude pour les postes à risques.

À quelle fréquence se font les visites médicales du travail ?

La fréquence d'organisation des visites médicales du travail dépend du type de visite dont il s'agit. Voici un tableau récapitulatif des déclencheurs des différentes visites et des délais dans lesquelles elles doivent être effectuées.

Type de visite
Quand / pourquoi ?
Délai
Article Code du travail
Visite d'information et de prévention initiale (VIPI)
À l'embauche
< 3 mois (< 2 mois pour un apprenti)
Visite périodique
Suivi suite à la VIPI
< 5 ans (< 3 ans si travail de nuit ou RQTH)
Examen médical d'aptitude (SIR)
Poste à risque
Avant l'affectation
Renouvellement SIR
Poste à risque
< 4 ans + visite intermédiaire à 2 ans
Visite de pré-reprise
Arrêt > 30 jours
Pendant l'arrêt de travail
Visite de reprise
Arrêt > 30 jours pour maladie/accident professionnel, congé maternité ou arrêt > 60 jours pour maladie/accident non professionnel
< 8 jours après la reprise
Visite de mi-carrière
45e anniversaire
Dans l'année civile des 45 ans (ou selon accord de branche)
Visite à la demande
À la demande du salarié, de l'employeur ou du médecin
Libre

Les visites médicales du travail sont soit déclenchées par un événement spécifique (risque particulier, arrêt de travail, âge), soit liées à l'embauche (VIPI et suivi périodique). C'est ce qui détermine les délais réglementaires à respecter pour l'organisation de chaque visite.

Visites médicales du travail : les obligations employeur

L'organisation des visites médicales du travail relève de la responsabilité de l'employeur, suivant le principe de l'article L4622-1 du Code du travail. C'est à vous d'adhérer à un service de prévention et de santé au travail (SPSTI) puis de le saisir pour organiser la convocation des salariés.

Vous devez donc organiser les visites obligatoires dans les délais réglementaires :

  • Visite d'information et de prévention (VIP) : dans les 3 mois suivant l'embauche (2 mois pour un apprenti majeur, avant la prise de poste pour un mineur ou travailleur de nuit) puis tous les 5 ans (3 ans dans le cadre des travailleurs en situation de handicap ou travailleurs de nuit).
  • Visite d'aptitude : avant l'affectation pour les postes à risques particuliers.
  • Visite de reprise : dans les 8 jours suivant la reprise après un congé maternité, un arrêt supérieur à 30 jours pour cause de maladie ou d'accident professionnel, ou un arrêt supérieur à 60 jours pour cause de maladie ou d'accident non professionnel.
  • Visite de mi-carrière : dans l'année civile du 45e anniversaire du salarié.

Dans le cas des visites que le Code du travail ne rend pas obligatoires, vous devez néanmoins les organiser si la demande est faite. C'est notamment le cas de la visite de pré-reprise, qui peut être demandée à l'initiative du salarié ou du médecin du travail.

Quelles conséquences si l'employeur n'organise pas la visite médicale ?

Si les visites médicales du travail n'ont pas lieu, ou n'ont pas lieu dans les délais, vous êtes en faute. Le manquement à vos obligations vous expose à une contravention de 5e classe, soit une amende de 1500 € par salarié concerné.

En cas d'accident de travail ou de maladie professionnelle, l'absence de visite médicale ouvre droit à un paiement d'indemnités et de dommages et intérêts, à la charge de l'employeur. Votre responsabilité civile et pénale est donc engagée si vous n'organisez pas les visites obligatoires dans les délais imposés par la loi.

La médecine du travail est sous la responsabilité de l'employeur. Vous avez donc pour obligation d'organiser les visites médicales dans les délais fixés par le Code du travail. Dans le cas contraire, vous engagez votre responsabilité et risquez une contravention ou une procédure juridique à votre encontre.

Visites médicales du travail : organisation et facturation

Qui organise les visites médicales du travail ?

C'est l'employeur qui a la responsabilité d'organiser les visites médicales du travail par le biais de son SPSTI. C'est le SPSTI qui convoque le salarié, mais c'est bien à vous de déclencher l'organisation de la visite en contactant votre service de santé et de prévention au travail.

Cependant, le salarié peut aussi librement déclencher une visite à sa propre initiative. Dans ce cas, c'est lui qui contacte son médecin du travail référent grâce à l'affichage obligatoire des coordonnées du SPSTI que vous devez effectuer (art. D4711-1).

Qui fait passer la visite médicale du travail ?

Une visite médicale du travail peut être réalisée par un médecin du travail ou par un(e) infirmier/infirmière en santé au travail (IDEST). Les services de prévention et de santé au travail fonctionnent en effet avec des équipes pluridisciplinaires.

Le médecin du travail est le seul à pouvoir juger de l'aptitude ou de l'inaptitude d'un salarié. C'est donc lui qui fait passer l'examen médical d'aptitude pour un suivi individuel renforcé, la visite de pré-reprise et la visite de reprise.

La visite d'information et de prévention peut avoir lieu avec un IDEST si le salarié n'est pas exposé à des risques particuliers. Les visites de mi-carrière et les visites de reprise post-congé maternité, si la salariée n'est pas soumise à des risques particuliers, peuvent aussi être réalisées par un(e) infirmier ou infirmière en santé au travail.

Les visites médicales se font-elles sur les heures de travail ?

Les visites auprès de la médecine du travail ont généralement lieu sur les heures de travail, sans retenue de salaire. Si la visite a lieu en dehors des heures de travail, le temps de la visite et le temps de trajet doivent être rémunérés comme du temps de travail effectif.

Les visites médicales du travail peuvent-elles se faire en téléconsultation ?

La réforme de 2021 sur la santé au travail a rendu possible la téléconsultation pour les visites médicales du travail (articles R4624-41-1 à R4624-41-6). La réalisation des visites en téléconsultation est néanmoins encadrée.

Ainsi, la pertinence de cette visite à distance est évaluée par le professionnel de santé. Les examens médicaux d'aptitude et les visites de reprise sont réalisées en présentiel. Il faut aussi que les conditions suivantes soient remplies :

  • Le salarié consent à ce que la visite ait lieu en téléconsultation
  • Le professionnel de santé doit s'assurer à ce que la visite puisse être réalisée dans des conditions satisfaisantes
  • L'employeur doit mettre à disposition du salarié un local adapté pour la réalisation de cette visite si elle est réalisée sur son lieu de travail.

Si lors de la téléconsultation le professionnel de santé estime qu'une consultation physique est nécessaire, une nouvelle visite médicale est programmée.

Qui paye les visites médicales du travail ?

La médecine du travail est à la charge de l'employeur. Le coût des visites médicales est inclus dans sa cotisation annuelle à son service de prévention et de santé au travail.

Il est illégal de vous facturer des frais à la visite : la cotisation à un SPSTI est un forfait annuel global en fonction de votre nombre de salariés (Cour de cassation, arrêt du 19 septembre 2018).

Si la visite médicale engendre des frais de déplacement pour le salarié, vous devez également les prendre en charge. Dans le cas où la visite a lieu en dehors des horaires de travail, ce temps doit être rémunéré comme du temps de travail effectif.

C'est l'employeur qui organise et paie les visites médicales du travail par le biais du SPSTI. Le SPSTI convoque ensuite le salarié et le médecin du travail ou un(e) infirmier ou infirmière en santé du travail lui fait passer la visite. Les visites médicales ont lieu en physique ou en téléconsultation quand le cas le permet.

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FAQ

Qu'est-ce que la visite médicale d'embauche ?

La visite médicale d'embauche a été remplacée en 2016 par la visite d'information et de prévention initiale (VIPI). Elle doit être réalisée dans les 3 mois suivant la prise de poste du salarié.

Que se passe-t-il si la visite médicale est oubliée par le salarié ?

En tant qu'employeur, vous êtes légalement responsable de l'organisation des visites médicales de vos salariés. Si l'un de vos collaborateurs manque ou oublie sa visite médicale, vous devez la reprogrammer au plus vite et rappeler à votre salarié ses obligations.

Que se passe-t-il si un salarié refuse de passer la visite médicale ?

Un salarié qui refuse de passer sa visite médicale s'expose à des sanctions disciplinaires. En cas de refus répété de se présenter, il peut être mis à pied voire licencié.

Quel délai entre deux visites médicales du travail ?

Le délai entre deux visites médicales du travail dépend du type de visite et de la situation du salarié concerné. Le régime général veut que le salarié non exposé à des risques particuliers bénéficie d'une visite d'information et de prévention au maximum tous les 5 ans. Ce délai est abaissé à 3 ans pour les travailleurs de nuit et les travailleurs handicapés ou invalides. Pour les postes à risques, le suivi individuel renforcé prévoit un examen d'aptitude tous les 4 ans et une visite intermédiaire tous les 2 ans.

Pour aller plus loin

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Sources officielles